Le site en ligne "Reims Avant" est un collectif de photographes créé le 15 mars 2012 dans la lignée du site ParisAvant.com et de ceux d'autres villes ; il prolonge également la démarche du livre Reims Mémoire de 1994 et utilise les nombreux recueils de cartes postales publiés,
ainsi que les propres collections des membres du collectif et celles d'Amicartes 51.
Aucune ville ne semble se prêter mieux à cette démarche comparative "passé-présent" ou "avant-maintenant" que Reims : en effet, la métropole gallo-romaine de toute la Belgica
et du baptème de Clovis, la "ville des sacres" des rois de France devient à partir de 1914, la "ville martyre" presque entièrement détruite par les bombardements de la Première guerre
mondiale ; l'essentiel de la trame des rues antiques et médiévales a cependant perduré jusqu'à aujourd'hui. Trois thèmes documentaires apparaissent particulièrement dans notre site :
||||| Rues de Reims ||||| Exploitation des cartes postales anciennes ||||| Guerre 1914-1918 ||||| Histoire de la carte postale ||||| Amicartes 51
Forum, place du [1932].
<= 10, rue Colbert, 16, rue des élus,
=> rue Courmeaux, rue Pluche.
Ancienne place des Marchés. En 1932 elle fit l’objet d’un nouveau numérotage des immeubles à la suite de son agrandissement et de la suppression de la
rue Saint-Crépin.
85 x 60 mètres.
L’ancien marché couvert édifié en 1838 sur les dessins de H. Durand et Brunette, architectes, se composait de façades à arcades en pierre, couvert d’une charpente en fer. Il était l’un des premiers spécimens de ce genre de construction, d’après Alphonse Gosset. A la suite de la réédification des halles au Boulingrin, la place des Marchés perdit sa signification. La démolition des anciennes halles permit de dégager l’ancien Forum de l’époque gallo-romaine. C’est un des plus grands vestiges que l’on connaisse de l’ancienne Gaule, désigné en archéologie sous le nom de cryptoportique. La place était coupée en deux par le Rang Sacré, file de maisons anciennes et pittoresques allant à peu près de la rue de Tambour à la rue Bertin ; le marché au drap se tenait du côté de l’hôtel Le Vergeur, alors que du côté de la rue de l’Arbalète on trouvait le marché au blé, au pain, la boucherie et la harangerie (poissonnerie). Le Rang Sacré fut abattu en 1837. Une maquette ancienne du Rang Sacré, par Dallier-Bonnette, est visible au musée Saint-Remi.
Source : J-Y Sureau La vie Rémoise
La vue est prise en direction de la place Royale, via la rue Trudaine. Après la Première Guerre Mondiale, l'immeuble où se tenait le magasin "A la Glaneuse" ne sera pas reconstruit, ni son pendant situé de l'autre côté de la rue Colbert, ce qui a permis d'agrandir la place des Marchés qui deviendra la place du Forum que nous connaissons.
CPA et photo : Béatrice Keller.
En 1919, alors que le Nord-Est de la France, en ruine, commence à se redresser, des éditeurs de cartes postales inscrivent sur leurs clichés de Reims l'annotation suivante : "Notre Grande Ville du Front".
La première raison à cela est que Reims fut la plus grande ville du pays, en terme de population, à se trouver directement sur la ligne de front pendant les quatre années de la Grande Guerre.
La deuxième raison est que le tourisme de mémoire commence à se développer et qu'il faut montrer les destructions de la Ville Martyre qui, avec sa cathédrale, devient le symbole de la victoire nationale (et internationale) sur la barbarie ennemie.
Quant à la Porte du Chapitre, elle est un exemple typique de l'architecture qui a marqué la transition du style gothique à l'art de la Renaissance.
Rappelons le petit tour de force réalisé par les architectes et entrepreneurs à la reconstruction de Reims : la RN 51 (Charleville-Epernay) qui traverse la ville, a été élargie. La porte a donc été démontée entièrement, ses pierres numérotées et remontées fidélement sur l'alignement de la rue élargie, un peu en retrait de son emplacement d'origine.
Source : "Reims, ses rues, ses places,ses monuments" de Daniel Pellus, éditions Horvath.
Pour en voir plus sur place : 2G... 3G... 7G... numéros de re-pose toujours visibles au revers de la Porte.
Pour en savoir plus dans d'autres documents (Rha)
C'est pour cette dernière raison qu'elle ne peut pas apparaitre au même endroit en comparant la photo actuelle et la carte postale.
CPA et photo actuelle : Béatrice Keller
Montage Béatrice Keller.
Chapitre, place du [1841].
<=passage du Chapitre, => 2, rue du Préau.
Ancienne cour du Chapitre.
40 x 36 mètres.
La place occupait le centre du Chapitre, résidence des chanoines. Les seuls vestiges subsistants sont le trésor et la porte (dont les vantaux sculptés sont au musée des Beaux-Arts) qui donne sur la rue Carnot.
Source : J-Y sureau : La Vie Rémoise
La photo de Gallica date du 28 août 1917 et montre les maisons bombardées.
A la fin de la guerre, il ne restait presque rien des bâtiments de cette place, tant et si bien que la cathédrale était entièrement visible depuis la Porte du Chapitre.
La vespasienne aussi a disparu.
Un de nos fidèles lecteurs : Jean-Paul Mirgalet, m'a proposé, à juste titre une prise de vue prise depuis la Maison des Avocats, vers la rue Carnot, donc dans le sens opposé de ma prise de vue initiale (faite vers la cathédrale).
En reconsultant la photo de Gallica, je me suis effectivement rendue compte que le bord à droite représente le dessous de la Porte du Chapitre !
Voici donc l'erreur réparée :
Si vous pensez que la rue donne l'impression de monter, alors qu'elle descend, c'est certainement parce que le photographe était en position inclinée.
Et pour que vous y voyez plus clair, voici l'avant-après d'origine :
Pouilly, Louis Jean Lévesque
de (1691-1750)
Lieutenant des habitants. Né à Reims, paroisse Saint-Jacques, le 30 août 1691, y est mort le 4 mars 1750. Louis Jean Lévesque de Pouilly, écuyer, seigneur de Pouilly, Arcis-le-Ponsart et Bouilly,
président trésorier de France au bureau des finances de Champagne, fut lieutenant des habitants de Reims de 1746 à 1750. Il fit installer des fontaines publiques, fonda une école de dessin et la
place Royale fut créée sur son initiative.
Pouilly, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, fut ami de Voltaire qui séjourna chez lui à plusieurs reprises, en 1742, 1748 et 1749. Il épousa à Reims, en 1726, Anne Roland (1698-1775) et fut inhumé dans l’église Saint-Jacques. Son fils, Jean-Simon Lévesque de Pouilly, né à Reims, paroisse Saint-Jacques, le 8 avril 1734, y est mort le 24 mars 1820, fut conseiller d’État, président lieutenant général du présidial de Reims, lieutenant des habitants de 1782 à 1785, membre de l’Académie des inscriptions et belles lettres. Il épousa, vers 1763, Marie Jeanne Julie Hocquet (1736-1786) et repose au Cimetière du Nord.
Lévesque de Burigny et Lévesque de Champeaux étaient les frères de Louis-Jean Lévesque de Pouilly. Une biographie des frères Lévesque fut publiée en 1881 par J.-V. Genet, sous le titre : Une
Famille rémoise au XVIIIe siècle.
Source : Jean-Yves Sureau dans "La Vie rémoise"
Trudaine, rue [1762].
<= 3-5, place Royale, =>
1, place du Forum.
50 mètres de longueur.
Bien que dénommée dès 1762, elle ne fut construite que de 1763 à 1787.
(1733-1777). Né à Clermont-Ferrand le 19 janvier 1733, mort au château de Montigny, à Montigny-Lencoup (Seine-et-Marne) le 5 août 1777. Jean Charles Philibert Trudaine de Montigny, conseiller d’Etat et intendant général des finances, contribua largement à l’embellissement de la ville, au moment de la création de la place Royale. Il succéda en titre, en 1769, aux fonctions de son père Daniel Charles Trudaine (1703-1769), directeur des ponts et chaussées, qui forma une école d’ingénieurs, d’où sortirent des hommes remarquables qui, sous sa direction, exécutèrent les beaux ponts et les routes magnifiques, véritables illustrations du règne de Louis XV.
Source : J-Y Sureau La Vie Rémoise
CPA : Pierre Fréville.
Remarquez que le bâtiment complètement à doite sur la CPA et dont on aperçoit le pignon sous le bandeau "Reims Avant" n'a pas été reconstruit après la Première Guerre Mondiale. Il y avait en réalité, deux petits bâtiments de section carrée, sur la place des Marchés (aujourd'hui place du Forum) situés de part et d'autre de la rue Colbert, et qui ont disparu à la reconstruction.
Renseignement complémentaire donné par M. Jean Boulet : Pour compléter l'histoire de cette rue, effectivement retracée lors de la construction de la place Royale sur les plans Legendre. elle existait bien avant et portait le nom de rue de la Fleur de Lys ; elle menait de la Grande Boucherie qui se trouvait le long de ces façades de la place du Forum directement à la porte du cloitre de Notre Dame.
source cpa : patrimoine 51 -rue du Jard http://patrimoine51.forum-actif.net/
Cliché pris au début de la première guerre mondiale, automne 1914.
doi : 10.3406/crai.1914.73481
url :
Pas d'animation, je ne doit pas être parfaitement au bon endroit...
"Messieurs,
Au nom de l'Académie de Reims et des dépôts littéraires, archéologiques et artistiques de notre ville, je vous remercie de la sympathie que vous nous témoignez et de la protestation que vous avez émise contre tant de ruines et de pertes irréparables.
Invité à indiquer devant vous l'état des monuments endommagés et des collections anéanties, je vous en présente le tableau d'après mes constatations, (...)
Avant de clore ce résumé navrant par tant de côtés, nous devons rendre hommage au dévouement et à la fermeté de M. le Dr Langlet, maire de Reims, qui domine cette horrible tourmente et ne cesse de veiller à la préservation de ses concitoyens et des richesses de la ville."
SUR LES RUINES ET LES PERTES CAUSÉES A REIMS PAR LE BOMBARDEMENT DE L'ARMÉE ALLEMANDE, DU 4 SEPTEMBRE AU 6 OCTOBRE 1914,
PAR M. HENRI JADART.
Colbert, rue [1831 et 1887].
<= 7-9, place Royale, => place de l’Hôtel-de-Ville.
Ancienne rue Charles X pour la partie comprise entre la place des Marchés et la place de l’Hôtel de Ville. Ancienne rue
Royale pour la partie comprise entre la place Royale et la place des Marchés. Ces deux rues furent réunies sous le même nom en 1887.
235 mètres de longueur.
(1619-1683). Né à Reims le 29 août 1619, mort à Paris le 6 septembre 1683. Jean-Baptiste Colbert, fils de riche drapier, fut ministre, contrôleur général des
finances de Louis XIV. Il contribua à la promotion de l’industrie textile à Reims. Une plaque est apposée sur l’emplacement de sa maison natale, rue Cérès, elle portait l’enseigne Au
long Vêtu. Son tombeau, par Coysevox, est toujours visible dans l’église Saint-Eustache à Paris.
[Voir une photographie sur
ReimsAvant]
à propos de l'immeuble de la reconstruction, art-déco, des comptoirs de l'industrie : http://fr.wikipedia.org/wiki/Comptoir_de_l%E2%80%99Industrie_(Reims)
source cpa : librairie patrimoine 51, rue du Jard.
http://patrimoine51.forum-actif.net/
Pas d'animation cette fois. Les différences de géométrie entre mon 18-55 et la cpa sont trop importantes. Suis-je au bon-endroit ? Difficile d'y rester longtemps, même un dimanche, sans se faire rouler dessus, nous vivons une époque moderne...
4 septembre 1914
C'est l'esprit assez inquiet que le 4 septembre, après avoir vu passer, de chez moi vers 20 h, quelques cavaliers allemands, je quitte la maison avec l'intention d'aller aux nouvelles du côté de l'hôtel de ville. Je ne suis pas sans faire un rapprochement entre la situation dans laquelle nous nous trouvons, et celle de 1870. Malheureusement, il y existe bien des points de ressemblance. L'armée allemande va vraisemblablement faire son entrée à Reims aujourd'hui ; après la capitulation de Sedan, elle était déjà venue prendre possession de notre ville le 4 septembre, il y a quarante-quatre ans. La coïncidence de ces deux dates est frappante. Toutefois, les événements, s'ils peuvent être jugés désastreux, ne présentent pas, jusqu'à présent, une exacte similitude. La marche foudroyante des armées allemandes sur Paris et le recul continuel des nôtres sont des plus inquiétants ; cependant, tout n'est pas perdu, car, depuis Charleroi, nous n'avons rien appris de décisif.
J'ai relu les sages recommandations faites par le maire, dans l'affiche intitulée "Aux habitants". Espérons qu'elles seront suivies par nos concitoyens, que tous, comprenant la gravité des événements sauront garder le silence, la dignité et... la prudence. Espérons surtout, grand Dieu, que le geste inconscient qui fut fait le 4 septembre 1870, ne sera pas renouvelé. Un individu ne tira-t-il pas un coup de pistolet, du premier étage du café Louis XV, sur les cavaliers de tête de la colonne pénétrant dans Reims par la rue Cérès. La riposte ne se fit pas attendre : une fusillade sérieuse sur les occupants du café. J'ai souvent entendu parler de l'histoire et de ce qu'elle aurait pu entraîner comme conséquence. Quelquefois, j'ai eu l'occasion de voir le billard, dans lequel une balle s'était incrustée ; une petite plaque de cuivre, portant l'inscription : "4 septembre 1870", que son propriétaire y avait fait placer, rappelait cet exploit, dont le souvenir ne me quitte pas ce matin.
mémoires, écrites après la Grande Guerre, de Paul Hess, fonctionnaire au Mont-de-piété de Reims
Source : http://1914ancien.free.fr/reimshss.htm
source cpa : patrimoine 51 - rue du Jard http://patrimoine51.forum-actif.net/
mes autres albums sur google :
https://picasaweb.google.com/110288454611056002669
Royale, place.
<= 1-2, rue Carnot, => 1-2, rue Cérès.
70 x 65 mètres.
Place Nationale, en 1792, puis place Impériale, en 1803, à nouveau place Royale en 1814, elle redevint place Nationale de 1848 à 1852. En 1848 on voulut fondre la statue de Louis XV pour la remplacer par celle de Colbert. À nouveau, en 1885, on proposa de débaptiser les place et rue Royale pour leur donner le nom de la République et de demander à René de Saint-Marceaux de remplacer la statue de Louis XV par le Génie de la Révolution. Puis le 29 juillet 1887 on décida du changement du nom de place Royale en place Nationale. On fit observer que le changement n’empêchera pas le public de lui conserver son appellation actuelle, un amendement spécial fut demandé et le maintien du nom de place Royale mis aux voix fut adopté par 12 voix contre 5. Au surplus M. Mennesson désirait savoir ce que voulait dire place Nationale, ce sont deux mots placés à la suite l’un de l’autre ; mais quand on y réfléchit, on ne leur découvre aucune signification… En 1894, Clovis-Chézel demanda la disparition de la statue de Louis XV. L’idée fut reprise, en 1900, par Charles Arnould qui proposa de déplacer la statue d’un des plus tristes rois qu’ait enregistré l’histoire… selon ses propres termes. Heureusement, il rencontra une vive opposition et Saint-Marceaux déclina l’offre de remplacer la sculpture…
Conçue par Lévesque de Pouilly et Rogier, exécutée par Coquebert, Sutaine et Clicquot-Blervache, la place Royale fut construite à la place du Grand Credo. On appelait ainsi tout un quartier de vieilles maisons en bois et de bicoques insalubres, séparées par des rues tortueuses et étroites, et où la circulation était fort périlleuse ; en outre la population vivait dans la crainte perpétuelle d’un incendie. Les plans de la place et des immeubles qui la bordent furent établis par l’ingénieur Legendre et exécutés à partir du 5 décembre 1757. Les travaux prirent fin, sans être achevés, le 29 septembre 1760. Le monument de Louis XV, par Pigalle, fut inauguré le 26 août 1765. L’artiste s’est représenté sous les traits du Citoyen. La statue a été détruite à la Révolution et remplacée en 1819 par une œuvre du sculpteur Cartellier. Les figures allégoriques, de part et d’autre du socle, sont d’origine. L’allégorie féminine était une prouesse technique, car d’une seule pièce. Le bronze en fusion devait couler par la main qui tient la crinière du lion. La place Royale reçue 20 lanternes en fer forgé vers 1765 et fut pavée en 1766.
https://sites.google.com/site/lavieremoise/l--les-rues-de-reims-memoire-de-la-ville
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L'évacuation de Reims en 1917 : Un déménagement dans la rue de Tambour. Au fond, l'Hôtel de Ville incendié dans les premiers jours du mois de mai de cette même année.
Source : Guide Illusté Michelin des Champs de Bataille, Reims et le Fort de la Pompelle, Edition de 1920.
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